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BelleMuezza

L'érosion dévore les côtes françaises

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Une trentaine de tempêtes ont dévasté le littoral cet hiver. Et ce n’est qu’un début. Le recul des aménagements est inéluctable.

Le littoral s’effondre ! Lors de cet hiver qui restera dans les annales, pas moins d’une trentaine de tempêtes remarquables — contre aucune en 2013 — ont balayé les côtes, dévorant ses franges maritimes.

France, Bretignolles sur mer : les vagues érodent une dune AFP/ Hemis.fr

Sur le littoral atlantique, les 230 kilomètres de côtes sableuses entre l’estuaire de la Gironde et les premiers rochers de la côte basque ont battu en retraite de... 20 mètres. « Du jamais vu. D’habitude, les reculs sont très localisés. Là, le retrait est général », s’étonne Cyril Mallet, de l’Observatoire de la côte aquitaine.

À l’érosion marine de l’Aquitaine ont fait écho les submersions constatées aussi bien à Biarritz ou Bayonne, sur la côte basque, qu’à Morlaix ou Quimperlé, sur la côte bretonne. Au point que les spécialistes tirent à nouveau la sonnette d’alarme. La mer monte, grignote les littoraux, bien aidée par l’action des hommes. Il y a donc urgence à se préparer... au pire.

Le phénomène, naturel à l’origine, n’est pas récent : il dure depuis le dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans, quand la calotte polaire s’étendait jusqu’aux PaysBas.

 C'est le quotidien de maires du Pays basque jusqu'au Nord-Pas-de-Calais: l'érosion du littoral sur la côte ouest, qu'elle concerne des plages sableuses ou des falaises de craie, grignote le budget des communes comme le temps des élus. (c) Afp

Mais le problème est que ce phénomène lent et régulier est aujourd’hui fortement accéléré par les rejets massifs de gaz à effet de serre (GES). Et les compteurs s’affolent. « Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la hausse n’a pas dépassé 0,5 mm par an, explique ainsi Annie Cazeneuve, directrice du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (Legos).

Elle s’est établie en moyenne à 1,7 mm par an au XXe siècle et a atteint 3,2 mm/an sur les deux dernières décennies. » Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), paru en septembre 2013, estime qu’à la fin du XXIe siècle, la hausse du niveau des mers sera d’au moins 40 cm et pourrait atteindre... 1 m !

 Une plage dévastée à Montalivet (Gironde), le 4 mars 2014. ( MAXPPP)

Or, au cours du XXIe siècle, l’élévation du niveau des mers va devenir la cause principale des dommages littoraux et au-delà de 2100, on devrait assister à des submersions permanentes de zones côtières basses », prévient Gonéri Le Cozannet, en charge du programme « Changement climatique et vulnérabilité » au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)

Sur les communes concernées, l’état et les collectivités locales élaborent des programmes d’action et de prévention des inondations (PAPI) renforcés par des plans de protection des risques littoraux (PPLR). « Pour les établir, nous allons bénéficier d’outils de modélisation qui vont nous permettre de définir les zones qui seront affectées par le recul des côtes ou des submersions dans les prochaines décennies », souligne Cyril Mallet, de l’Observatoire de la côte aquitaine. Sur ces zones, toute nouvelle construction sera interdite et les villes ne pourront plus s’étendre.

De plus, les PAPI et PPLR en cours de discussion ne laissent la place à aucun doute. Au cours de ce siècle, des maisons seront détruites, des usines déménagées vers l’intérieur des terres et des stations touristiques entières devront-être déplacées.

Sciences et avenir 21/4/2014

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Complètement dévastée par les grandes marées et les tempêtes successives de l'hiver, la plage centrale de Lacanau est fin prête pour accueillir les vacanciers. Les hébergements affichent presque complet pour la mi-juillet.

©️ F3 Aquitaine

david olivares 16/2/2014


La commune n'a pas eu le grand ciel bleu tant espéré pour l'inaugurer, en ce premier dimanche de vacances scolaires. La petite cérémonie s'est finalement tenue à l'abri.

Toutefois, les travaux de renforcement des digues devront se poursuivre pour lutter contre l'érosion dont est victime le littoral girondin. Mais, en attendant, la saison estivale 2014 est sauvée.


FR3 Aquitaine 6/7/2014

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La côte aquitaine est sur le qui vive. Des vagues de 3 à 4 mètres sont attendues ces jours-ci. Rien à voir avec les tempêtes à répétition de l'hiver dernier. Mais le littoral reste fragile. Et depuis une semaine, il recule  à nouveau sous les assauts de l'Océan.

 ©️ Jean-Pierre Muller et Nicolas Tucat / AFP Le front de mer de Lacanau (2014)

La côte Aquitaine est en vigilance jaune. On attend des vagues de 3 à 4 mètres pendant 2 jours. Rien à voir avec les tempêtes à répétition de l'hiver dernier. Mais le littoral reste fragile et depuis une semaine, il recule  à nouveau sous les assauts de l'Océan. À Lacanau, les pelleteuses et autres engins mécaniques devraient rester en action jusqu'à mi-décembre. Les travaux concernent tout le linéaire du front de mer.

 France 3 Aquitaine 9/11/2014


Au nord, l'enrochement sera étendu sur prés de 40 m pour protéger la dune et éviter que le surf-club ne continue d'être contourné par l'Océan. Sur la partie centrale, la plage de repli sera recouverte de cailloux.  Et enfin, au sud de la plage centrale, sur prés de 500 m, l'enrochement va être reconstruit le long de la dune.

FR3 Aquitaine 9/11/2014

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Paris (AFP) - Le littoral aquitain, surtout en Gironde, a été littéralement mangé par la répétition exceptionnelle de tempêtes entre décembre 2013 et mars 2014, au point que la limite entre la terre et la mer a, selon les endroits, reculé de 10 à 40 mètres.

"Il y a eu une succession de fortes tempêtes sur une courte période (...) Le cumul d'énergie généré par les vagues a été deux fois supérieur à la plupart des hivers des 50 dernières années", explique Cyril Mallet, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l'un des auteurs d'un nouveau rapport de l'Observatoire de la côte aquitaine sur ces phénomènes.

 Des pelleteuses sur la plage de Lacanau (Gironde) réparent les dégâts des tempêtes avant le début de saison, le 20 mai 2014 (c) Afp

Xynthia en février 2010, qui avait causé la mort de 47 personnes, était un épisode plus isolé et plus localisé que la déferlante de 2013-2014 sur l'ouest de la France.

"Ces évènements ont provoqué d'importants dégâts et ont fortement traumatisé le littoral", rappelle dans son rapport l'Observatoire (BRGM, Office national des forêts et collectivités), qui a mesuré les conséquences des huit tempêtes ayant frappé les 240 km de côtes en Aquitaine.

Principal enseignement: le "trait de côte", la limite entre la terre et la mer, a enregistré un recul inédit lors des 50 dernières années.

"L'ensemble de la côte a reculé de plus de 10 mètres, parfois 20 à 30 mètres sur certains secteurs et même plus à certains endroits", détaille Cyril Mallet. A Soulac-sur-mer (Gironde), la mer a avancé de 40 mètres et une barre d'immeuble se retrouve désormais au bord d'une falaise.

Autre mesure de cette érosion accélérée: l'épaisseur de sable des plages a diminué de deux mètres et même de 3 à 4 mètres parfois, ce qui fragilise des ouvrages de protection, qu'ils soient naturels comme les dunes ou artificiels (digues, etc..).

L'ampleur historique de cette érosion est-elle réversible ou va-t-elle encore s'accentuer dans les prochaines années, et à quelle vitesse? Les scientifiques n'ont pas de réponse définitive. "Seul le suivi de l'évolution du littoral permettra d'évaluer si les impacts observés sont durables ou si le littoral aquitain offre une capacité de reconstruction naturelle qui gommera tout ou partie des effets des tempêtes", écrivent-ils.

Chaque année, une partie du sable rendu à la mer par les tempêtes revient en effet l'été par le biais de courants sous-marins, ce qui permet à des plages de se reconstituer. "Cet été, le sable n'est pas revenu comme il aurait dû", tempère toutefois Cyril Mallet.

Autre interrogation: l'érosion du littoral, à l'oeuvre depuis des siècles, est-elle renforcée par le réchauffement climatique? A ce stade, "nous ne sommes pas en mesure de dire s'il y a un changement de la fréquence et de l'intensité des tempêtes", rappelle Carlos Olivera, chargé des questions climatiques au BRGM. Par contre, "le niveau de la mer monte, de 15 à 20 cm depuis le début du 20e siècle", et selon le chercheur, cela va accentuer le phénomène d'avancée de la mer dans les terres.

Dans un tel contexte, la question de la stratégie à adopter se pose aux collectivités locales et aux gestionnaires des espaces côtiersLe sujet est d'autant plus aigu que les littoraux connaissent une croissance démographique plus forte que l'intérieur des terres. En France, la densité de population sur les côtes est 2,5 fois plus élevée que la moyenne nationale.

L'ONF, qui a en charge la gestion de 500 des 7.500 km de côtes françaises, dont 300 sur la façade atlantique, "a choisi une gestion souple", indique Francis Maugeard. "L'objectif n'est pas de fixer le niveau de la mer, mais de le ralentir parfois ou de laisser faire", explique-t-il.

Autrement dit: le temps n'est plus à la construction d'ouvrages en dur. Les techniques de l'ONF mêlent pose de branchages pour retenir le sable, plantation de végétaux et stratégies pour éviter le piétinement des dunes, en limitant l'accès du public.

A certains endroits, "on peut aussi décider de relocaliser des habitations", avance Cyril Mallet. Cinq sites pilotes, dont Lacanau (Gironde), étudient aujourd'hui cette solution.


Sciences et avenir 21/11/2014

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Les communes du littoral ouest du Cotentin se préparent aux grandes marées annoncées pour février et mars. Depuis cette année, elles doivent assurer la protection du littoral. Entre financement et techniques à trouver les communes sont bien impuissantes face à la nature.

 Cotentin: l'érosion des dunes, un casse-tête pour les collectivités. Reportage d'Elise Ferret et Patrick Mertz. Intervenants: Christophe Gilles, président de l'association syndicale des propriétaires de la plage de Saint-Germain-sur-Ay, Benjamin Sugy, responsable technique au sein de la Communauté de communes du canton de Lessay, Roland Maresq, directeur adjoint de la communauté de communes du canton de Lessay

"Je ne pense pas que ce soit vraiment efficace ce qu'on fait, puisqu'on sait ce que la mer va en reprendre. Mais dans l'immédiat, on n'a pas d'autres alternatives". Roland Maresq, directeur adjoint de la communauté de communes du canton de Lessay, est plutôt fataliste. Le bras de fer avec la nature semble perdu d'avance. Alors que des grandes marées sont attendues dans les prochaines semaines, les engins de chantier étaient à pied d'oeuvre ce mardi à Saint-Germain-sur-Ay, sur le littoral ouest du Cotentin. 1000 m3 de sable à déplacer pour reconstruire la dune. L'hiver dernier, celle-ci s'est déplacée et maison se retrouve désormais comme suspendue dans le vide.

 L'hiver dernier à Saint-germain-sur-Ay, poussée par les fortes marées, la dune s'est déplacée et la maison n'a pas résisté. (capture vidéo)

Pour la communauté de communes, cette opération coûtera 12 000 euros. Car depuis cette année, la protection du littoral des grandes marées est une compétence de ces collectivités. D'autres solutions avaient été envisagées comme l'installation de pics en bois pour renforcer cette dune, qui a reculé de 10 mètres en trois ans. Mais le coût, 250 000 euros, a été jugé bien trop onéreux.


FR3 Basse-Normandie 6/1/2015

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Le front de mer de la station balnéaire girondine a souffert des tempêtes de l'hiver 2013-2014. La municipalité et les habitants se préparent à un déménagement vers l'intérieur des terres, qui devrait intervenir avant 2040.

Dans la fraîcheur matinale de début mars, quelques promeneurs remontent le boulevard de la plage qui borde Lacanau-Océan. La marée est descendante, mais tout le monde l'a remarqué : désormais, à marée haute, "on n'a plus de plage" dans cette station balnéaire bien connue pour ses surfeurs. L'eau monte aussi un peu plus vite qu'avant.

 Une pancarte avertit les promeneurs de la fragilité de la dune, le 30 janvier 2014, à Lacanau-Océan (Gironde), pendant une tempête.  (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Le changement date de l'année dernière. Durant l'hiver 2013-2014, une succession de tempêtes a mis le front de mer de Lacanau-Océan à rude épreuve. A chaque fois, les conditions ont été exceptionnelles, combinant vent, gros coefficients de marée et houle importante. Pendant trois mois, l'océan s'est agité, presque sans discontinuer. Même les jours calmes, la houle atteignait quatre mètres, affirment certains. Résultat : le trait de côte a reculé de 10 à 20 mètres dans ce secteur, selon les relevés du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Par endroits, il passe désormais là où on l'attendait en 2040.

Sur la plage nord, dominée par la bicoque bleue du Surf Club, la dune a pris un sacré coup. Yannick l'a vue partir "en une marée". Dans son bureau encore calme en cette période de basse saison, le moniteur chevronné montre les photos du désastre. "On a l'habitude de dire qu'on a pris dix ans d'érosion d'un coup", ironise-t-il.



Les photos de Jérôme Augereau, prises le 1er janvier et le 4 mars 2014, permettent de s'en rendre compte. Le photographe n'a pas raté une miette des tempêtes, se levant à l'aube et veillant jusque tard le soir pour prendre des clichés exposés pendant l'été. Il note d'emblée la date anniversaire. "Il y a un an, c'était Bagdad ici !" La dépression Christine venait de frapper Lacanau, dans la nuit du 3 au 4 mars.

Pour ce bavard infatigable, c'est certain, "les tempêtes ont fait prendre conscience de l'érosion". Et pour cause : "Normalement, on a une érosion de 10-15 cm par an en moyenne. C'est invisible, personne ne la voit. Là, 20 à 30 mètres de côte se sont envolés par endroits, le tout en trois mois."

 Pour Jérôme Augereau (à gauche) et Gérard Depeyris (à droite), la relocalisation est la seule solution pour Lacanau-Océan face à l'érosion inexorable du littoral.  (JULIE RASPLUS / FRANCETV INFO)

Immédiatement après les tempêtes, la municipalité a renforcé les enrochements pour contenir le sable et protéger le front de mer. Plus de trois millions d'euros ont été alloués aux travaux. Toutefois, le maire Laurent Peyrondet (MoDem) prévient : "C'était nécessaire, mais ce ne sera pas suffisant ". Doucement, mais sûrement, Lacanau se dirige vers le scénario d'une protection dure, plus massive, puis d'un "repli stratégique" en 2040. Près de 1 400 biens (appartements et commerces), situés sur le kilomètre de front de mer, seraient ainsi déplacés.

Pour Gérard Depeyris, membre du comité local de concertation, cette relocalisation s'impose. "Il faut regarder les choses en face : à long terme, il n'y a pas d'autre solution que le recul. C'est dur à accepter, mais c'est comme ça", estime ce fabricant de planches de surf.

Enfant, cet "ancien" de Lacanau, 58 ans au compteur, devait marcher pour aller à l'eau. Au fil des ans, il a vu le sable partir. Il n'y a qu'à voir les blockhaus. Ce sont des repères précis. Ils étaient sur les dunes avant ! Maintenant, ils sont dans l'eau, et il faut vraiment être à marée très basse pour les voir.. (Gérard Depeyris
à francetv info)

Pour les partisans de la relocalisation, "il n'y a plus qu'à". Mais comment entamer ce projet ? Lacanau est l'une des cinq villes-pilotes à réfléchir à la méthode dans le cadre d'un appel à projet ministériel. Ce serait une première en France. Le maire attend donc une loi sur le sujet pour fixer le cadre juridique. "Aujourd'hui, on ne peut pas expulser les gens et les forcer à partir de cette zone", explique Laurent Peyrondet.

Le dossier, entre les mains du ministère de l'Environnement, finira au Parlement. "Ce sera aux politiques de dire ce qu'on a le droit de faire ou pas sur nos stations", souligne l'édile, qui craint "qu'on laisse traîner les choses" à cause de l'argument financier. La relocalisation coûte cher : 330 millions d'euros, selon ses estimations. Le temps presse pourtant. "On n'a pas dix ans devant nous. Il faut que, sous mon mandat, on prenne des décisions pour l'avenir."

Encore faut-il convaincre les principaux intéressés, à commencer par les commerçants établis sur le front de mer. Ceux sollicités par francetv info ont refusé de s'exprimer sur le sujet, lassés des journalistes et inquiets pour "la mauvaise pub". Le sujet est sensible. Pourtant, il fait jaser.

 Un chantier est en cours sur le boulevard de la plage, à quelques mètres de la mer, à Lacanau-Océan (Gironde), le 5 mars 2015. (JULIE RASPLUS / FRANCETV INFO)

Au Café maritime, deux femmes s'étonnent des chantiers en cours sur le boulevard de la plage. Une vingtaine d'appartements verront bientôt le jour. Ubuesque alors qu'on parle de repli. A la mairie, on explique que les permis de construire ont été signés par l'ancien maire, sur la base des avis favorables de l'Etat, et qu'il était impossible de revenir dessus... Il ne devrait plus y en avoir dans le futur, promet Laurent Peyrondet.

Au Surf Club, Yannick s'inquiète de la tournure des événements. Déjà, la municipalité se montre plus hésitante à prendre en charge l'entretien du bâtiment de l'association. Si le surfeur sait que les hommes devront "s'adapter à la nature", leur impuissance n'est pas facile à accepterOn a construit en front de mer, mais ça a été fait à une époque où on ne connaissait pas trop. Aujourd'hui, personne n'est vraiment responsable du problème. C'est un peu injuste. (Yannick à francetv info)

Jérôme Augereau assure comprendre les doutes. Lui aussi est concerné. En cas de relocalisation, le trait de côte passerait devant sa boutique, qui disparaîtrait. Mais pour lui, "on pense plus à ses intérêts personnels qu'au reste". Ce Canaulais d'adoption, marqué par la catastrophe Xynthia et les paroles de ceux qui avaient prévu le drame sans être entendus, pense aux générations futures. "Je pense à ma fille qui grandit ici. Il ne faut pas qu'on nous reproche de ne pas avoir fait certaines choses. On ne connaîtra peut-être jamais ce moment, mais eux, oui."


Francetv info 20/3/2015

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Mars 2014, en pleine tempête Christine. La surface de la falaise mouillée se fend puis s'écroule dans l'eau, tel un château de sable aux fondations fragiles. L'image, captée par l'émission "Thalassa" de France 3, montre à quel point l'hiver 2013-2014 a été dévastateur pour le littoral aquitain, touché par huit fortes tempêtes successives. Sous l'effet combiné des vagues, du vent et de la marée, la côte a reculé, parfois de plusieurs dizaines de mètres, comme à Soulac-sur-Mer (Gironde). Un an après, la marée du siècle, prévue samedi 21 mars, vient raviver les inquiétudes.

Francetv info fait le point sur ce phénomène avec Cyril Mallet, ingénieur littoral au Bureau de recherches géologiques et minières.

 Le littoral aquitain a subi une forte érosion au printemps 2014, comme ici à Soulac-sur-Mer (Gironde), au moment du passage de la tempête Christine.  (MAXPPP)

Francetv info : L'hiver dernier a été particulièrement difficile pour le littoral aquitain. Faut-il s'inquiéter de la marée du siècle prévue ce samedi ?

Cyril Mallet : Les grandes marées de fin mars ne sont pas inquiétantes si elles ne sont pas concomitantes avec de fortes houles ou des tempêtes qui pourraient accentuer l’érosion. Par exemple, il n’y a pas eu d’érosion exceptionnelle à la suite des forts coefficients de marée en février, alors que les houles étaient supérieures à 4 mètres. Il est cependant recommandé d’être prudent dans la fréquentation du littoral durant ces grandes marées, notamment si les vagues sont importantes.
 
Francetv info : Que s'est-il passé lors des tempêtes qui ont durement frappé ce secteur l'année dernière ?

Cyril Mallet : On a eu des conditions marines particulières. De décembre 2013 à mars 2014, il y a eu une succession de tempêtes, relativement exceptionnelle. Cela s'est traduit par de fortes houles, d'une hauteur souvent supérieure à 3 mètres, avec très peu de périodes de répit. Si, individuellement, la plupart de ces tempêtes n’étaient pas extraordinaires, certaines ont été particulièrement énergiques, avec un temps qui séparait deux crêtes de houle beaucoup plus long que d'habitude. Cela a donné davantage de force aux vagues qui déferlaient.  

Si on regarde les données concernant les vagues sur les cinquante dernières années, on s'aperçoit ainsi que l'énergie des vagues des tempêtes de 2013 et 2014 a été deux fois supérieure à celle des hivers antérieurs. En temps normal, les plages sableuses sont protégées par des bancs de sable sous-marins qui cassent cette énergie. Mais avec le cumul des tempêtes, l'ensemble du système littoral a été fragilisé.

Francetv info : Comment cela s'est-il traduit ?

Cyril Mallet : Sur les plages, il y a eu de fortes érosions, avec un recul assez important du trait de côte (la ligne représentant l'intersection entre la terre et la mer) mais aussi un abaissement des plages. En effet, l'érosion est un phénomène naturel qui se traduit sur deux plans : horizontal et vertical. De façon générale, le recul du trait de côte est plutôt linéaire dans le temps, mais l'érosion verticale est très irrégulière car, en été, les plages se rechargent naturellement en sable et donc reprennent de la hauteur.

Avec les tempêtes de l'an dernier, le trait de côte a globalement reculé de 5 à 10 mètres en Gironde et dans les Landes, mais dans certains secteurs, il a reculé de plusieurs dizaines de mètres, comme à Soulac-sur-Mer, où le recul a atteint 40 mètres. En sortie d'hiver, il y avait un abaissement des plages de l'ordre de 2 à 3 mètres. C'est assez exceptionnel. Et pendant l'été, le rechargement en sable a été très faible et n'a donc pas compensé les pertes de l'hiver.

Francetv info : Y a-t-il plus d'érosion qu'avant ?

Cyril Mallet : C'est difficile à dire, car nous n'avons pas tous les éléments historiques. Sur la côte aquitaine, on constate qu'il y a une grande variabilité de l'érosion, année après année. Certaines années connaissent des érosions fortes, comme l’hiver 2013-2014, d’autres présentent des répits. Les données anciennes ne sont pas suffisamment précises et régulières pour pouvoir identifier une augmentation de l’érosion. Mais depuis quelque temps, on voit que la tendance est au recul de la côte. En Aquitaine, ce recul est de l'ordre de 1 à 3 mètres par an sur la côte sableuse.

Francetv info : L'érosion peut-elle empirer du fait du dérèglement climatique ?

Cyril Mallet : Oui, l'érosion est accentuée par le réchauffement climatique. L'érosion est avant tout d'origine naturelle car on se situe en période interglaciaire : depuis 18 000 ans, le niveau marin remonte car on vit une période de réchauffement climatique naturel, qui provoque une dilatation thermique des océans et la fonte des glaces. Par ailleurs, on n'a plus aujourd'hui ces apports de sable ou de graviers charriés naturellement par les fleuves lors des périodes froides. Et le niveau marin augmente en raison du réchauffement atmosphérique.

Bien qu’à l’échelle du globe, les études du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) montrent qu’il faut s’attendre à des épisodes de tempêtes plus intenses et plus fréquents, il est très difficile de connaître les effets possibles du changement climatique à l’échelle régionale. Les données concernant le trait de côte ne remontent pas suffisamment loin dans le temps pour montrer une accélération de l'érosion, mais le contexte n'est pas favorable. Après, il ne faut pas être alarmiste. Le trait de côte a beaucoup reculé, mais parfois sur des secteurs où on avait gagné plusieurs dizaines de mètres, grâce à une gestion raisonnée des plages et des dunes.

Francetv info : Est-ce que l'érosion touche particulièrement le littoral français, l'Aquitaine en tête, ou est-ce un phénomène global ?

Cyril Mallet : Le littoral aquitain n'est pas le seul concerné. L'ensemble des plages du globe recule, qu'elles soient sableuses ou rocheuses. C'est avant tout dû à un déficit des sédiments qui arrivent sur la côte, mais cela peut être accéléré par l'action de l'homme. Ce dernier contribue à l’augmentation du niveau marin avec l’accélération du réchauffement climatique depuis l’ère industrielle. Il perturbe également les dynamiques sédimentaires sur la côte en extrayant le sable ou en réalisant des ouvrages comme des barrages.

Francetv info : Que peut-on faire alors ? Existe-t-il des solutions durables  ?

Cyril Mallet : D'abord, on peut laisser faire la nature, ne rien faire. Mais cela signifie qu'il n'y a pas de biens menacés derrière. En général, on n'emploie jamais cette stratégie. On peut aussi accompagner l'érosion avec des solutions dites "souples", en accompagnant les processus naturels : ce sont les rechargements en sable, les plantations sur les dunes ou les filets brise-vent pour freiner l'érosion éolienne. Ces solutions sont plus réversibles et souvent moins coûteuses.

Sinon, on vise des solutions "dures" pour fixer le trait de côte et protéger les enjeux menacés, telles que les "enrochements" ou les brise-lames positionnés au large pour réduire l’effet des vagues. Mais elles ont parfois des effets négatifs en accélérant l’érosion dans leur voisinage proche. Enfin, on peut opter pour le repli stratégique, qu'on appelle aussi relocalisation : on déplace les biens et les activités, et on réorganise le front de mer.

Francetv info : Comment choisit-on la stratégie à suivre ?

Cyril Mallet : Le choix des solutions de protection dépend de l’intensité de l’érosion, des enjeux et de la politique de gestion. Il est possible d'en combiner plusieurs. On peut par exemple protéger un front de mer avec une solution dure pendant vingt ans puis procéder à une relocalisation. Pour le moment, en Aquitaine, il n'existe pas encore de stratégie déjà établie. Dans les mentalités, on a l'impression que le littoral est un milieu figé, alors qu'il est très mobile et évolue beaucoup dans le temps. Malheureusement, les populations l'ont parfois oublié.


Francetv info 21/3/2015

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Quel littoral aux horizons 2025 et 2050 ? Confrontés, comme propriétaire d’espaces naturels, à l’élévation annoncée du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques exceptionnels, le Conservatoire du littoral cherche à sensibiliser élus et populations aux conséquences du changement climatique.

 Phare de la Hague dans le Contentin. Truzguiladh CC BY-SA 2.5

En Normandie, grâce à un projet européen baptisé LiCCo (Littoraux et changements côtiers), il vient d’étudier à la loupe, de 2011 à 2014, cinq sites à travers les deux régions administratives et deux sites au sud-ouest de l’Angleterre. « C’est un travail unique en France au niveau d’une telle façade maritime. Nous voulions dépasser l’échelle communale et réunir tous les acteurs concernés. L’idée est d’échanger, de se préparer pour ­éviter une gestion de crise », explique Régis Leymarie, délégué adjoint pour la Normandie au Conservatoire du littoral.

 Plage d'Arromanches avec les vestiges des pontons de débarquement, vue des hauteurs. Comité Régional CC BY-SA 3.0

Deux échéances (2025 et 2050) ont servi de base aux travaux. La côte normande est très exposée, notamment les basses vallées de Seine­-Maritime, les côtes sableuses de Basse-Normandie et les estuaires où se concentrent une grande partie des activités socio-économiques locales. Dans la baie des Veys, à cheval entre le Calvados et la Manche, la menace est réelle. «  Le pire serait de ne rien faire. 

 Photo VVF


Après avoir mis en place une gouvernance, ce qui ne sera pas facile, il faudra établir une stratégie avec des priorités : à tel endroit, on renforce les protections, ailleurs on laisse faire la nature et enfin, sur d’autres sites, on envisage des zones de repli », souligne Pierre Aubril, vice-président de la communauté de communes de la Baie du Cotentin (47 communes pour 24.000 habitants), qui possède un tiers de son territoire sur la bande côtière et en zone de marais.

Le cas normand va faire école et dix sites seront l’objet de réflexions type LiCCo, de la Picardie à la Corse, en passant par l’estuaire de la Gironde. En 2050, le Conservatoire du littoral a comme objectif de protéger un tiers du linéaire côtier.


Les Echos 22/3/2015

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Paris (AFP) - Les côtes françaises sont exposées à un risque accru de submersion marine en raison de l'élévation du niveau de la mer causée par le réchauffement climatique, un phénomène qui va se poursuivre et atteindra plusieurs dizaines de centimètres d'ici à 2100.

"Une aggravation des submersions marines est attendue en raison de l'augmentation du niveau de la mer, et cela indépendamment de l'évolution des tempêtes", a expliqué mercredi Gonéri Le Cozannet, expert au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), lors de la présentation d'un rapport de synthèse sur le changement climatique et le littoral français. "Les submersions seront plus intenses et plus fréquentes", prévient le géographe.

 Des personnes montées sur la digue des Sables-d'Olonne pour regarder les vagues, lors de la "marée du siècle", le 21 mars 2015 (c) Afp

Coordonné par le climatologue Jean Jouzel, le rapport "Changement climatique et niveau de la mer: de la planète aux côtes françaises" prend en compte les derniers résultats du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) et les dernières études d'impact, ont expliqué les auteurs.

Phénomène mondial bien que disparate sur le globe, le niveau de la mer monte sous l'effet du réchauffement climatique: l'océan plus chaud se dilate et les glaciers des montagnes et les calottes polaires fondent. Par ailleurs, l'eau abondamment pompée dans les aquifères se retrouve finalement dans la mer.

Résultat: le niveau des océans a monté de presque 20 centimètres au XXème siècle, avec une hausse plus forte ces vingt dernières années (1,7 mm/an et 3,2 mm/an depuis les années 90)"La mer ne monte pas de manière uniforme sur le globe" mais "les côtes de l'Hexagone se situent dans la moyenne mondiale", a indiqué Anny Cazenave, spécialiste des océans et l'un des auteurs du rapport.

Le Pacifique Ouest, en revanche, a enregistré une hausse beaucoup plus forte que la moyenne mondiale.

Dans les prochaines décennies, cette montée des océans va se poursuivre. "Même si on stoppe les émissions de gaz à effet de serre aujourd'hui, du fait de leur durée de vie dans l'atmosphère, l'effet de serre va perdurer", expliquent les scientifiques.

Selon Anny Cazenave, la hausse sera plus marquée en Arctique, dans les tropiques et sur la côte Est des Etats-Unis. "Pour l'Europe occidentale, on peut s'attendre à une hausse de l'ordre de la moyenne globale, mais un peu plus marquée en mer du Nord", ajoute-t-elle. Reprenant les prévisions du Giec, la chercheuse prévient: pour la France, "cela veut dire au mieux 40 centimètres de plus en 2100 par rapport à aujourd'hui et environ 75 cm dans le scénario où rien de plus n'est fait" pour limiter l'effet de serre.

Ces risques de submersion doivent d'ores et déjà être pris en compte par les décideurs, en matière d'urbanisme comme de conception et d'adaptation des ouvrages côtiers et portuaires.

"Pour un niveau marin relevé d'un mètre, il faut rehausser de 1,5 à 2 mètres des ouvrages comme les digues", précise par exemple Gonéri Le Cozannet.

La Basse-Normandie, avec ses 470 km de côtes, est pleinement concernée par la montée des eaux, en plus d'être confrontée à une érosion naturelle de son littoral et en particulier de ses falaises.

"Pendant des années, le Conseil régional a financé des ouvrages de protection qui coûtent très cher", raconte Muriel Jozeau-Marigné, conseillère régionale chargée de la politique du littoral. "Depuis 2007, nous avons basculé dans une autre logique: le littoral est considéré comme un milieu dynamique, le trait de côte (limite terre-mer) est mouvant et il y a des zones où il faut laisser faire la mer", dit-elle.

Cela peut vouloir dire abandonner à terme des habitations, des bâtiments, des campings, etc. Quant aux futurs aménagements, "la solution, c'est ne rien faire en bord de littoral". Des options difficiles tant pour les élus que pour les citoyens. "Ce n'est pas toujours évident", confie la conseillère régionale mais, assure-t-elle, face à la prise de conscience du risque, "les mentalités changent".



Sciences et avenir 25/3/2015

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Chaque année, sur le littoral atlantique, il faut reconstituer les plages. En cause : l'érosion. Explication avec France 2.

Une équipe de France 2 s'est rendue à Chatelaillon (Charente-Maritime), pour assister à la remise en état de la plage, lourdement frappée par la tempête Xynthia.



Pour éviter que cela ne se reproduise, du sable est propulsé sur la plage depuis la mer, via un pipeline. Il est d'abord récupéré au large par une barge, qui drague les fonds marins. "Le sable qui est pompé par notre drague est refoulé directement dans le puits. Le sable est pompé à une profondeur d'environ 13 mètres", explique Frédéric Guillon, directeur des travaux.

Dans la zone où la barge est assignée, le sable est en surplus grâce aux courants. Et il correspond au sable de la plage de Chatelaillon. "Sous l'action des vagues notamment, le sable va rester en place", poursuit Frédéric Guillon. La barge se raccorde ensuite à la canalisation et l'expulsion du sable peut s'effectuer. Le réensablement épaissit la plage jusqu'à 3 mètres par endroit et pourra casser la force des vagues.


Francetv info 16/4/2015

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Interview d'Yvonne Battiau Queney, chercheuse, qui accuse les infrastructures, notamment touristiques, d’accentuer la disparition des plages…

Dans quelques années, aurons-nous encore un bout de plage pour poser notre serviette? Dans de nombreuses régions du littoral français, le sable recule progressivement de plusieurs mètres, faisant craindre la disparition totale de la plage. Lacanau, Palavas, mais aussi la côte basque et la Camargue pourraient être bientôt obligées de s’adapter à la montée des eaux. 

Yvonne Battiau Queney, professeur émérite de l’université de Lille 1 et présidente pour la France d'EUCC, le Réseau européen des littoraux, expliquera ce mercredi, lors d’une conférence à l’Institut océanographique, pourquoi nos plages disparaissent.

 Un panneau informant les visiteurs de la fragilité de la dune de sable à Lacanau (Gironde) - Jean-Pierre Muller AFP

L’érosion des côtes est-elle uniquement un phénomène naturel ? C’est un phénomène naturel mais aidé par les interventions de l’homme.  La plage et les dunes sont comme un coffre-fort pour la mer, ce sont ses réserves de sable. En cas de tempête, la réserve de sable de la dune sert à reconstituer la plage. Donc le sable circule, arrive, repart, mais il ne faut pas perturber ce fonctionnement naturel. 

Or, on a construit des digues en front de mer, quelques fois à la place de la dune. On a installé les stations balnéaires au plus près de la mer, en faisant disparaître les dunes. Avant de voir les effets de ces constructions, il se passe au moins 15 ans, maintenant ça commence à se voir: les plages ont dépéri car le sable ne pouvait plus se renouveler. Le niveau des plages baisse, ce qui accentue encore l’énergie des vagues qui déferlent, et le phénomène s’aggrave encore plus vite.  

On accuse souvent le changement climatique et la montée du niveau des mers, est-ce aussi un facteur de disparition des plages ? L’élévation du niveau de la mer est un fait qu’il ne faut pas nier, mais c’est de l’ordre de 2 à 3mm par an. Il faut bien sûr essayer d’anticiper l’élévation du niveau de la mer qui devrait atteindre 60 à 80cm d’ici un siècle, surtout quand on construit des digues ou des infrastructures portuaires, mais le changement climatique n’explique pas ce qui se passe actuellement. Il faudrait surtout réparer les erreurs du passé.

Comment faire pour réparer ces erreurs ? Il faudra relocaliser certaines stations balnéaires. Une étude de faisabilité est en cours pour Lacanau, mais cela coûtera très cher et psychologiquement, les gens qui y vivent ne sont pas prêtsIl y a d’autres solutions comme protéger et renforcer les digues, mais cela n’empêche pas que l’érosion s’aggrave

Enfin, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en Belgique, on recharge régulièrement les plages en sable. Le problème est de trouver les ressources en sable en mer, or nous n’avons pas d’inventaire des ressources sous-marines, notamment pour la côte Aquitaine. Il faudrait aussi aller chercher ce sable au large, loin du système côtier, pour ne pas interférer avec l’alimentation naturelle des plages. Sans compter que ce sable est aussi convoité par les cimentiers.


20 Minutes 11/5/2015

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Bordeaux (AFP) - Des plages qui rétrécissent, des falaises qui se morcèlent, des dunes qui reculent: le réchauffement climatique est-il responsable de l'érosion littorale? Pas encore, répondent les experts qui pointent d'abord l'activité humaine pour expliquer le renforcement de ce phénomène naturel.

Plages réduites à Lacanau (Gironde) ou aux Sables d'Olonne (Vendée), dune en recul à la Couarde-sur-Mer (Charente-maritime), côte grignotée jusqu'au pied des habitations à Soulac-sur-mer (Gironde): les tempêtes hivernales de 2014 ont braqué les projecteurs sur les effets de l'érosion marine.

Question : Le réchauffement climatique, avec comme première conséquence la hausse du niveau de la mer, est-il dès lors responsable de ce recul, parfois spectaculaire, du trait de côte? Et ce dernier est-il inéluctable, menaçant à terme toute une économie touristique?


 Les dunes de Saint-Trojan-les-Bain s'érodent, le 29 janvier 2014 à l'île d'Oleron (c) Afp

Réponse : "Il n'y a pas d'automaticité entre l'élévation du niveau de la mer et l'accélération du recul de la côte", nuance Yvonne Battiau-Queney, professeur émérite à l'Université de Lille et présidente de l'association de protection des littoraux EUCC-France, basée à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

L'érosion marine est d'abord un "phénomène naturel", récurrent et millénaire, rappelle la scientifique et, au fil des siècles, le trait de côte a toujours connu des "fluctuations". "Autrefois, les hommes ne s'installaient pas sur les côtes sableuses, ils savaient que c'était mobile", abonde Patrick Bazin, responsable du département Gestion patrimoniale au Conservatoire du littoral. Mais l'urbanisation du littoral depuis 150 ans a changé la donne, soulignent-ils.

"Dès le début du tourisme balnéaire, il fallait être au plus près de la mer, c'était le principe même de la promenade balnéaire où il fallait être vu", indique Yvonne Battiau-Queney. Dans cette logique, "presque toutes les stations, d'Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) à Bray-Dunes (Nord), ont été créées sur les dunes littorales".

Résultat: "Les échanges naturels entre la plage et sa réserve de sable qui l'alimentait en cas de tempête ont été rompus", explique-t-elle. Et les systèmes de digues ou d'enrochement, destinés à contrer l'érosion, au lieu d'améliorer la situation, entravent encore plus ces échanges.

L'universitaire cite l'exemple de Saint-Girons (Landes): la station a été construite de telle façon qu'il n'y a pas d'obstacle entre la dune et la plage et aucun phénomène d'érosion majeur n'y est perceptible. A l'inverse, à Lacanau, construite dans les années 1960 sur la dune, l'érosion s'accroît, alors que "cette côte n'était pas prédisposée à reculer, ayant même avancé d'1 km en 150 ans selon les cartes d'état-major".

Pour autant, les effets du réchauffement climatique sur les côtes ne doivent pas être écartés, soulignent les experts. "Aujourd'hui, l'élévation du niveau de la mer n'est pas assez rapide pour causer une érosion des côtes suffisamment importante pour qu'elle soit observable de manière évidente", souligne Goneri Le Cozannet, ingénieur au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), organisme public.

Pour la suite, "cela dépendra de nos émissions à effet de serre", indique l'ingénieur. "Autant on ne pourra pas échapper à une aggravation des submersions marines lors des tempêtes, autant on peut encore échapper à un recul généralisé des côtes sableuses".

Alors que faire? Recharger le stock de sable avec des systèmes de pompage, comme à Châtelaillon (Charente-Maritime) ou aux Sables d'Olonne, peut être une solution, explique Yvonne Battiau, "tout en faisant le bilan des coûts".

Dans d'autres cas, la relocalisation des activités humaines est à étudier, comme le fait le Groupement d'intérêt public (GIP) créé en 2006 en Aquitaine pour planifier l'avenir du littoral.

Autre levier possible, la préservation de zones naturelles, dénuées de toute urbanisation, sortes "d'espaces tampons" permettant "d'amortir le phénomène de l'érosion et surtout celui de la submersion, plus dangereux", souligne Patrick Bazin.

Il cite, à titre d'exemple, le cas du Lido de l'or (Hérault): sur cette bande sableuse, située entre deux stations balnéaires, rachetée il y a une vingtaine d'années par le Conservatoire du littoral, la suppression d'une route construite sur la dune et qui servait de parking aux vacanciers permet progressivement à la plage de retrouver son stock de sable et d'endiguer l'érosion en cours.

Dans tous les cas, il est nécessaire "d'anticiper", martèlent les experts. "L'enjeu c'est d'arriver à montrer que la société peut évoluer autrement que sous le coup des événements catastrophiques", résume Patrick Bazin.



Sciences et avenir 21/8/2015

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Après l'éboulement d'un pan de falaise vendredi 14 août, une équipe de France 2 revient sur le phénomène à l'échelle nationale.

Un pan de falaise s'est effondré vendredi 14 août sur une plage de Seine-Maritime à Varengeville-sur-Mer. L'éboulement de rocher a fait un mort. L'homme de 80 ans s'est fait surprendre par l'effondrement de la paroi. Son corps a été repêché à trois kilomètres de là. À cet endroit, la falaise a reculé de 28 mètres en 30 ans. En Haute-Normandie, l'érosion des roches est de plus en plus préoccupante.



Il n'y a pas que la Haute-Normandie qui est concernée par ce problème. Le Sud, l'Aquitaine, mais aussi les côtes de la Manche, c'est en tout près d'un quart du littoral français, 1 700 kilomètres de côtes, qui sont rongées par la mer. Partout en France, les falaises réputées fragiles sont placées sous surveillance. Chaque mois des géologues mesurent l'évolution des parois, car l'érosion s'accélère. Elle devient trois fois plus rapide qu'il y a 30 ans. Les côtes reculent en moyenne de 60 centimètres par an, un phénomène naturel, aggravé par le réchauffement climatique et la montée des eaux.


FRANCETV INFO 15/8/2014

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Cette commune voisine de Flamanville a procédé cette semaine à des travaux de réensablement de la dune, rongée par l'érosion, qui la protège de la mer.A court terme, un centre de rééducation était notamment en danger. A long terme, nul ne sait si cela sera suffisant.

Depuis une semaine, à marée basse, la plage de Siouville est le théâtre d'un étrange ballet de pelleteuses. Les engins de chantier vont puiser sur le fond de la mer du sable qu'ils vont déverses quelques dizaines de mètres plus loin sur la dune malmenée par la nature, surtout lors des grandes marées ou des tempêtes. "On avait une promenade maritime et en deux ou trois ans on a tout perdu", déclare Laurent Poussard, maire-adjoint Siouville-Hague, au sommet de la dune convalescente.


A Siouville, on réensable la dune pour faire face à la nature Reportage de Rémi Mauger et Claude Leloche. Intervenants:  Laurent Poussard, maire-adjoint Siouville-Hague, Benjamin Raspail, directeur clinique Korian L'estran, Bertrand Bottin, maire de Siouville-Hague.

Au total, c'est un "pansement" de 6000 m3 de sable qui est posé sur la dune. Une solution répondre à l'urgence de la situation. Car le centre de rééducation tout proche et certaines habitations craignaient de se retrouver très prochainement les pieds dans l'eau. Mais cette solution, mise en place avec l'aide de l'Etat, n'est que provisoire. "La mer, en l'espace de deux tempêtes a enlevé la moitié de ce qu'on va mettre", explique Bertrand Bottin, maire de Siouville-Hague.

La prochaine étape consistera à planter entre 15 et 20 000 oyats, une plante censée stabiliser la dune. Pour ce chantier, la municipalité compte faire appel aux bonnes volontés.


F3 Basse-Normandie 23/10/2015

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