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birdy1972

Des micro-organismes grignotent les déchets plastiques des océans

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Comme dans de nombreux autres océans du globe, les eaux d'Australie ne sont pas épargnées par les déchets de plastique. À leur surface pullule une biodiversité étonnante d'êtres unicellulaires et même de petits invertébrés qui, pour certains, pourraient aider à débarrasser la surface de la mer de ces indésirables. Mais on ignore l'effet réel de ce grignotage.

La matière plastique déversée dans le monde marin ne cesse d'augmenter chaque année. Par des chocs incessants, les débris se fragmentent, se démultiplient et se réduisent en taille. Dans certaines zones de la planète, ces microplastiques se concentrent parfois à plus de 100.000 fragments par km2. Dans cette soupe de déchets microscopiques, il n'est guère surprenant de voir des micro-organismes y élire domicile. La plastisphère est le nom que porte ce nouvel écosystème marin qui se développe sur les déchets plastiques.

Certains micro-organismes marins, comme des diatomées (ici en vert) et des microbes potentiels mangeurs de plastique (ici en violet), influenceraient l'impact des déchets de plastique sur l'environnement marin. ©️ Julia Reisser et Jeremy Shaw

Ces colonisateurs joueraient un rôle dans le devenir de leur support artificiel, notamment au niveau de leur fragmentation et de leur flottabilité. Pour vérifier cette hypothèse, Julia Reisser, de l'université d'Australie-Occidentale, et ses collègues ont récolté 68 échantillons d'eau de mer en différents points de l'Australie.

Les résultats publiés dans la revue Plos One montrent que les microplastiques de 1,5 à 24 millimètres présentent sur leur surface rugueuse des diatomées — des algues unicellulaires microscopiques —, parmi divers autres micro-organismes marins. 11 des 14 genres de ces diatomées sont pour la première fois identifiés sur des débris de plastique. Selon les scientifiques, ces micro-algues pourraient diminuer en surface la quantité de microplastique, dans le sens où leur poids croissant finirait par faire couler leur support. Cette chute de plastique dans les profondeurs des mers pourrait expliquer pourquoi le plastique flottant n'augmente pas autant que ce qui était attendu, supposent les chercheurs. Un phénomène qui déplace mais n'élimine pas pour autant les déchets de plastique de l'écosystème marin.

Les morceaux de plastique sont devenus des lieux d'habitat pour plusieurs animaux (des bryozoaires, des balanes, un isopode...) et pour les œufs d'un insecte du genre Halobates. On voit ici un ver marin installé sur un fragment de polyéthylène de 6 mm. ©️ Julia Reisser et Jeremy Shaw

Également recensés, des microbes qui participeraient à la désintégration du plastique en interagissant avec sa surface. Les auteurs de ces travaux suggèrent que ces organismes mangeurs de plastique pourraient devenir une solution biotechnologique pour une meilleure gestion de l'élimination des déchets en mer.

Cela étant dit, on sait encore peu de choses de l'impact de l'ingestion par ces microbes marins de plastique, un matériau perméable à des polluants. Ceux-ci peuvent alors se libérer dans l'organisme, s'accumuler dans les tissus de ces proies potentielles microscopiques et ainsi s'accumuler dans les réseaux trophiques, jusqu’aux gros poissons, aux baleines et à l'être humain.

F - S 22juin2014

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