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L'armée française contribue à la préservation des Gypaètes barbus

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Le ministère de la Défense signera ce jeudi un protocole avec avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui engage les troupes françaises à ne plus déranger les gypaètes barbus, des rapaces montagnards cousins du vautour qui sont les plus menacés en Europe. 

Toutes les activités «d’entraînement, de liaison, d’exercice et d’essai» des armées devront désormais éviter les zones de nidification des oiseaux durant la période de reproduction, du 1er novembre au 15 août.


 Un Gypaète barbu, vautour européen également présent en Afrique et en Asie, seule espèce du genre Gypaetus. Richard Bartz, CC BY-SA 2.5

«Les gypaètes sont particulièrement sensibles aux perturbations aux abords de son nid», explique Philippe Serre, coordinateur de LPO Pyrénées vivantes. «Un hélicoptère, même s’il passe à plus d’un kilomètre de distance du nid, aura un impact. L’oiseau va manifester un stress qui peut l’amener à quitter provisoirement son nid et augmenter les risques de mort du petit». Un programme d’étude de la population de gypaètes dans les Pyrénées, mené depuis 1994, a démontré «une concomitance entre les dérangements, comme les survols d’hélicoptères, et l’échec de la reproduction, avec le départ des parents du nid», précise Philippe Serre.

Parmi les nombreux intrus dans la «chambre nuptiale» des gypaètes, on compte bien sûr les randonneurs, les grimpeurs, les chasseurs, les travaux publics, mais aussi les engins de l’armée. Un premier protocole, concernant uniquement les Pyrénées, a été signé en 2008 entre la LPO et le ministère de la Défense. Il sera étendu à la France entière en 2009 et reconduit ce jeudi. «C’est la seule mesure qui cible une espèce particulière, explique Stanislas Prouvost, sous-directeur de l'Immobilier et de l'Environnement au ministère de la Défense. Nous avons mis la priorité sur le gypaète car c’est une espèce en danger d’extinction».

Un module de formation délivré par la LPO est maintenant au programme des apprentis pilotes. Durant les entraînements, des informations sur les zones de nidification sont données aux avions de chasse et aux hélicoptères pour que leur bruit, que les oiseaux entendent jusqu’à 2 km de distance, ne perturbe pas leur nid douillet. «Cela n’empêche pas l’entraînement en montagne, note Stanislas Prouvost, car la nidification n’est pas permanente et peu de sites sont concernés».

Avec seulement 53 couples de gypaètes vivant en France en 2014, dont 39 dans les Pyrénées, 9 dans les Alpes et 5 en Corse, le ministère de la Défense espère contribuer à la préservation de ces oiseaux rares. Mais sans menacer sa force de frappe en cas de besoin: «En cas d’urgence opérationnelle ou d’interception d’un avion dangereux, nous passerions outre le protocole», précise Stanislas Prouvost.  


20 Minutes Planète 10/2/2015

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