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Admin-lane

Du jamais vu : plus de 130 faucons kobez font escale près de Lyon

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Le fait est rarissime. À la date du 20 mai, la Ligue de protection des oiseaux signale des observations massives de ce migrateur dans le Rhône et le Nord-Isère. En raison de forts vents d’Est, le petit faucon aux couleurs vives, d’habitude peu fréquent sous nos latitudes, aurait dérivé vers la France durant son voyage entre l’Afrique et l’Europe centrale.

Il n’y a pas que l’aéroport de Saint-Exupéry à servir de « hub » pour d’autres destinations continentales. À quelques « miles » de cette plateforme de correspondances, les verdoyantes plaines agricoles de Genas et de Pusignan, gorgées d’insectes,  offrent à cette saison un terrain d’atterrissage idéal à différentes espèces de migrateurs en transit vers l’Europe centrale.

 Un Faucon kobez (Falco vespertinus). Il se nourrit essentiellement de gros insectes mais également de petits mammifères et oiseaux. Il s'agit d'une espèce diurne qui apprécie la campagne ouverte avec quelques arbres, non loin de l'eau. Ce faucon se reproduit en colonie, réutilisant de vieux nids de corvidés, comme ceux du corbeau freux. La ponte comporte de 2 à 4 œufs. Photo Martin Mecnarowski/Wikipédia

Et, de la même manière que le passionné d’aéronautique pourrait s’extasier de la présence inhabituelle sur le tarmarc lyonnais d’un avion aux couleurs d’un pays lointain, l’ornithologue amateur aura célébré ces derniers jours avec enthousiasme l’observation exceptionnelle et répétée de plusieurs faucons kobez (1) au milieu desdites plaines, ainsi qu’au sud-ouest du Rhône. À la date du 20 mai, ce petit rapace à la robe soignée et un brin « flashy » (la femelle arbore ainsi un bel orangé sur une partie de son plumage, quand le mâle présente une culotte tirant vers le rouge), a été aperçu à onze reprises autour de Lyon par des bénévoles de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) depuis début mars, avec un pic notable depuis début mai.

Et ce n’est pas tout : mercredi soir, plus de 120 kobez ont encore été dénombrés dans la plaine de la Bièvre (Nord-Isère).

Plus de 130 individus : « Un record » dans les annales de la LPO. En temps normal, seuls quelques-uns de ces rapaces – au mieux – stationnent dans la région avant de reprendre leur vol vers les steppes de Hongrie où ils aiment à se reproduire, après un festin hivernal de juteux criquets africains. 

« L’hypothèse, qui demande à être vérifiée, est que, dans leur remontée, ces kobez ont été déportés de l’Italie vers le sud-est de la France en raison de forts vents d’Est », suppose Cyrille Frey, chargé d’études à la LPO du Rhône. Une donnée milite en faveur d’un tel scénario : pour la première fois en France, l’association rapporte l’observation ces jours-ci d’un traquet kurde, réfugié bien malgré lui au sommet du Puy-de-Dôme, près de Clermont-Ferrand. D’ici à ce que quelques faucons kobez choisissent de poser leurs valises dans la région de Lyon pour y faire leur nid, au prix d’une sérieuse infidélité à leur Hongrie natale…

En 2001, un couple de kobez avait déjà donné naissance à des petits à Versailleux, dans l’Ain. Bonne pioche : les étangs de la Dombes regorgent de grenouilles dont raffolent les oisillons, parmi bien d’autres vertébrés. De quoi improviser de savoureuses bouillies, façon goulash hongrois…

(1) « Kobez » dérivé de « kobtchik », le nom russe de cet oiseau.


Le Progrès 24/5/2015 - Wikipedia

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