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BelleMuezza

Une météo des méduses ?

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Cet été, la France met en place une "météo des méduses" sur jellywatch.fr pour alerter les baigneurs en Méditerranée. Mais le phénomène est planétaire: va-t-on vers un "océan visqueux"?


Une méduse Pelagica noctiluca en Méditerranée, dans les eaux de la Sardaigne. (splashdownDirect /REX/SIPA)


2012 sera-t-elle une nouvelle année des méduses? La question, récurrente depuis une décennie, se pose à l’heure où s’ouvre la saison estivale sur les plages.

Cet été, le dispositif de protection des baigneurs monte en puissance avec la mise en place le 1er juillet d’une "météo des méduses" par l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Il s’agit d’émettre un bulletin départemental, sur le site jellywatch.fr, prévoyant les mouvements des bancs de centaines de milliers d’individus avant qu’ils n’échouent sur les plages et ne provoquent des centaines de piqûres (envenimations selon le terme médical). Un simple contact avec leurs longs tentacules aux cellules urticantes suffit en effet à injecter sous la peau des toxines responsables d’irritations et de vives brûlures.

A l’instar des prévisions météorologiques, ces bulletins seront le produit d’une modélisation mathématique intégrant des observations faites par des plaisanciers, le recensement des échouages sur les plages effectué depuis 1974 par un biologiste de l’Inserm aujourd’hui retraité, Patrice Bernard, ou par des robots imageurs placés sur des bouées ou des filets. Le tout passé à la moulinette des contraintes de courants et de vents. Au final, les bulletins indiqueront 48 heures à l’avance, sur une échelle de 0 à 5, la probabilité d’arrivée de méduses sur les côtes. Sans garantie.

«Météo-France ne fournit pas encore des bulletins sûrs à 100 %, indique Gabriel Gorsky, directeur de l’observatoire de Villefranche-sur-Mer. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la météo des méduses, qui en est à ses balbutiements, soit totalement fiable. Mais c’est un début.» Et même une première mondiale.

Un lancement limité, cependant, puisqu’il ne s’applique qu’à la Méditerranée et à la seule espèce de méduses dangereuses pour l’homme dans ces eaux : Pelagia noctiluca, ou méduse pélagique (image ci-dessous, splashdownDirect /REX/SIPA).



Cet animal d’une dizaine de centimètres de couleur mauve tacheté, luisant la nuit, est un organisme simple très fertile, mais mal connu car difficile à élever en laboratoire. «Pelagia a un cycle de vie différent de celui des autres méduses, explique Delphine Thibault-Botha, du Laboratoire d’océanologie physique et biogéochimique de Marseille. Il semble qu’elle se reproduise dans un grand tourbillon entre la Corse et le continent. On sait qu’elle migre verticalement : dans la journée, elle vit entre 300 et 400 mètres de profondeur puis elle remonte à la surface la nuit. Quand elle n’est plus capable d’effectuer ce cycle quotidien, à la recherche de la fraîcheur, elle s’échoue sur les côtes.»

Les chercheurs de Villefranche-sur-Mer ont par ailleurs établi un lien entre la prolifération de ces méduses l’été et la pluviosité hivernale. « Après un hiver sec, elles sont plus nombreuses, explique Lars Stemman, biologiste à l’observatoire. Les faibles précipitations entraînent en effet une concentration en sel des eaux de surface. Devenues plus denses, celles-ci tombent vers les profondeurs d’où refluent les eaux moins denses. Ce brassage fait remonter les nutriments accumulés au fond et enrichit la mer en plancton, une abondance de nourriture qui est propice à la reproduction et au développement des méduses.» Pour peu que celles-ci prennent un « coup de chaud » du fait du réchauffement des eaux de surface –ponctuel ou non –, les voici groggy, qui dérivent vers les côtes poussées par les vents et les courants.

Est-ce le sort qu’ont connues, l’an dernier, les physalies, Physalia physalis, cousines des méduses, aussi appelées « galères portugaises » ? Ces flotteurs irisés étaient jusqu’à peu surtout connus des côtes d’Australie et de Floride. Mais depuis quatre ans, elles sont apparues en masse sur la façade atlantique française et espagnole. (…)


Physalies: munies de longs filaments parsemés de cellules capables d’injecter du venin, elles sont responsables de lésions cutanées plus douloureuses que celles des méduses. "Le venin provoque des douleurs abdominales, thoraciques, des atteintes respiratoires et neurologiques et des signes neuromusculaires ; 8 % des cas constatés entraînant parfois une hospitalisation" explique Patrick Rolland, de l’Insitut de veille sanitaire (InVS) Aquitaine. (Steve Trewhella /REX/SIPA)


De la Méditerranée à l’Atlantique, émerge alors cette question : y a-t-il plus de méduses et autres physalies sur nos côtes ? La réponse est sujette à controverse. «On a tendance à ne noter que les périodes où les méduses prolifèrent et on oublie celles où il n’y en a plus une seule, souligne Delphine Thibault-Botha. Ainsi, il y a eu récemment une arrivée massive de Pelagia dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Une semaine après, elles avaient disparu.»

Néanmoins, il semble bien que, dans certaines régions du monde, la mer soit véritablement en train de se transformer en «océan visqueux», comme l’affirme depuis plusieurs années Jeremy Jackson, océanographe à la Scripps Institution of Oceanography à San Diego (Etats-Unis).

Ainsi, certaines saisons, il arrive que les pêcheurs de Namibie ramènent en biomasse plus de méduses que de poissons dans leurs filets. De même, depuis 2005, les côtes du Japon, de Chine et de Corée du Sud subissent chaque année une invasion de méduses géantes (Nemopilema nomurai), dont l’envergure dépasse deux mètres pour un poids de plus de 200 kg. (…) En 2009, un chalutier de 10 tonnes a même chaviré dans la baie de Tokyo en tentant de remonter un filet empli de ces méduses géantes. Ce phénomène de pullulation, autrefois décennal, est désormais annuel.

Plusieurs facteurs semblent conduire à ces proliférations : augmentation globale de la température de l’eau, surpêche, pollution.



Sciences et Avenir 27/06/2012 (la suite quand j'aurai acheté le magazine)

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Sur la Côte d'Azur, les baigneurs de juillet pourront éviter de croiser la Pelagia noctiluca, la plus venimeuse des méduses de Méditerranée, grâce à un site internet expérimental qui livre désormais des prévisions inédites sur leur présence près des plages.

Le site (www.medazur.obs-vlfr.fr) se limite pour l'instant à une zone située entre Menton et Antibes et il est loin d'offrir une analyse plage par plage de la présence des méduses sur ce littoral très découpé aux expositions variées.

Mais il définit, en fonction de trois grandes zones, le degré du risque d'échouage des méduses: minimum (point bleu), modéré (vert) et maximum (rouge). On y apprend ainsi que l'indicateur sera au rouge samedi pour les touristes arrivant à Nice.

Les bulletins "météo-méduses" - une première mondiale, affirment les chercheurs - fusionnent un grand nombre de données: alertes faites par les baigneurs, mais aussi recherches de pointe menées par l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer.

Un programme scientifique, financé depuis deux ans à hauteur de 66.000 euros par le département des Alpes-Maritimes, étudie actuellement tout le cycle vital des méduses et leur distribution le long du littoral.

Le lancement de ces premières prévisions "marque le passage de la partie recherche à la vulgarisation auprès du public", se félicite Eric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Dans le département, la moitié des 10.000 interventions des pompiers auprès des baigneurs étaient dues à des piqûres de méduses durant l'été 2011.

La redoutée Pelagia noctiluca aux tentacules violacées, très présente depuis une dizaine d'années, provoque des sensations de brûlures, des démangeaisons, voire des allergies.

Les méduses vivent jusqu'à 400 mètres de profondeur et remontent à la surface la nuit. Lorsque les courants (notamment le "liguro-provençal" qui va de l'Italie à l'Espagne) les entraînent vers des eaux peu profondes, elles ne peuvent plus migrer et meurent en s'échouant.

Dans la profonde rade de Villefranche-sur-Mer, les scientifiques ont installé un "démonstrateur" inédit en France, grande bouée munie de capteurs mesurant par exemple les courants ou la salinité. La nuit, lorsque les méduses sont en surface, une caméra transmet leur image vers le laboratoire.

"La technologie est vraiment exceptionnelle", insiste Gabriel Gorsky, directeur de l'Observatoire océanologique. A cette bouée, d'un coût de 300.000 euros, devraient venir s'ajouter bientôt de "petites bouées" munies de caméras (environ 7.000 euros pièce) réparties le long des côtes, espèrent les chercheurs.

"Je ne sais pas si c'est efficace, mais on va l'apprendre cet été", dit Gabriel Gorsky, avec toute la prudence du scientifique. Parallèlement, "il faut centraliser l'information venant par exemple des maîtres-nageurs", préconise-t-il.

Philippe Bardey, pdg d'une société associée au projet, met déjà à disposition son site (http://meduse.acri.fr) alimenté par les observations des baigneurs, de la frontière italienne jusqu'à Marseille. "La participation éco-citoyenne est une tendance mondiale", note-t-il.

Les prévisions de MedAzur pourraient déjà être plus fines, glisse M. Gorsky, devant plusieurs élus. Mais les maires du littoral accepteront-ils d'être placés en alerte rouge? Silence prudent.

En attendant, les vacanciers peuvent aussi se renseigner auprès de leur plage favorite, ou encore porter comme en Australie des vêtements longs en tissus micro-poreux. Certaines communes se dotent aussi de filets protecteurs.

"Les méduses appartiennent à la nature, on doit cohabiter, nous ne voulons pas les exterminer", précise le scientifique.



SCIENCES ET AVENIR 06/07/2012

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Les méduses envahissent-elles les mers ? Ces dernières années, de nombreux cas de prolifération de méduses ont été recensés et rapportés dans les médias. Si bien que l’idée d’une augmentation s’est ancrée dans les esprits. Mais une étude a récemment suggéré que la quantité de méduses évoluait de façon cyclique, et qu’il n’y avait finalement pas d’augmentation significative sur le long terme.

Depuis 2005, les méduses géantes (Nemopilema nomurai) envahissent les côtes japonaises. Cette prolifération de méduses qui peuvent peser plus de 200 kg n’est pas passée inaperçue ! De tels mastodontes (jusqu’à 2 m de diamètre), sont une véritable plaie pour les pêcheurs. Avec leur poids, les méduses cassent les filets de pêche ou les bouchent. Ces méduses perturbent donc les pêcheurs, les douloureuses piqûres de méduse les baigneurs, et peuvent même boucher les tuyaux qui pompent l’eau des océans pour refroidir les centrales électriques.

Ces proliférations se généralisent dans diverses régions du monde, si bien que les méduses pullulent à présent dans la mer du Nord, la mer Rouge, la mer Baltique et même le long des côtes azuréennes. Ces blooms de méduses (ou proliférations) rapportés par les médias ont ancré l’idée qu’il y avait une augmentation globale du nombre des méduses. Est-elle réelle, ou une illusion due au fait qu’aujourd’hui, avec Internet et la télévision câblée, les informations sont transmises plus facilement qu’avant ? Il se peut que ces proliférations aient toujours existé, mais que nous ne soyons informés que depuis peu.

Des scientifiques ont tenté de répondre à cette question. Publiée dans lesPNAS, leur étude montre qu’il n’y a vraisemblablement aucune indication de l’augmentation des populations de méduses sur les 200 dernières années. En réalité, leur variation de densité est cyclique. Sur des périodes décennales, il y a des augmentations mais aussi des diminutions de populations.

Les deux dernières grandes augmentations ont eu lieu dans les années 1990 et les années 2000. Ces périodes en particulier ont contribué à la perception actuelle de l’augmentation de l’abondance des méduses. La précédente augmentation avait eu lieu dans les années 1970, mais elle était passée presque inaperçue en raison d’un faible écho dans les médias.

Une très légère augmentation linéaire du nombre de méduses depuis les années 1970 a bien été remarquée. Sur toutes les périodes examinées, les épisodes de prolifération et de diminution des populations de méduses s’équilibrent. Les populations de méduses semblent subir de grandes variations dans le monde entier sur des périodes d’environ 20 ans.

Au cours de la prochaine décennie, il faudrait faire un suivi continu pour déterminer avec une bonne certitude statistique si la tendance croissante des populations de méduses après 1970 est un changement réel ou si elle fait partie d'un cycle. La perception actuelle d'une augmentation globale du nombre de méduses a été démontrée par quelques études de cas locales et régionales. Mais bien qu'il existe des zones où les populations de méduses ont augmenté, comme avec la méduse géante au Japon et dans certaines parties de la Méditerranée, il existe aussi des zones où le nombre de méduses est resté stable, a fluctué au cours des périodes décennales, ou a diminué au fil du temps.

Cette étude est la première à synthétiser toutes les connaissances actuelles sur la dynamique d’évolution des méduses. Pour Cathy H. Lucas, l’un des auteurs de l’article, « l'aspect important de notre travail est que nous avons fourni la ligne de base à long terme réalisée avec toutes les données scientifiques disponibles. Cela permettra aux scientifiques de construire et éventuellement de répéter ces analyses. Dans une décennie ou deux, ils pourront donc déterminer s'il y a eu une augmentation réelle du nombre de méduses. »

Les méduses géantes (Nemopilema nomurai) prolifèrent sur les côtes japonaises. Elles sont une véritable plaie pour les pêcheurs, car elles peuvent casser ou boucher les filets. La méduse géante du Japon peut peser jusqu'à 220 kg et faire 2 m de diamètre. Sa piqûre est extrêmement douloureuse mais n'est pas très toxique pour l'Homme. ©️ Dr. Shin-ichi Uye

Un bloom de méduses, observé sur les côtes de Nouvelle-Zélande. Bien qu'une tendance croissante dans les populations de méduses sur le long terme n'ait pas été trouvée, ces proliférations restent très impressionnantes. ©️ Seacology


FUTURA SCIENCES 3/01/2012

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Chaque été, ces animaux affluent sur les côtes méditerranéennes. Des chercheurs travaillent sur des outils pour prévoir leur arrivée.

 La méduse en question...

Comme chaque année, vos vacances sur les plages méditerranéennes risquent d'être troublées par les méduses. La Pelagia noctiluca, aussi connue sous le nom de méduse pélagique, piqueur-mauve ou méduse violette, forme de larges bancs de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de spécimens, et se déplace au gré des courants.



Sa jolie couleur est trompeuse : l'animal est très urticant.  L'observatoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) travaille sur des outils de prévision de l'arrivée des méduses sur les côtes de la Méditerranée. Les baigneurs eux-mêmes peuvent aussi déclarer la présence de méduses sur les plages, comme avec cette carte mise à jour quotidiennement. Des alertes qui serviront à mettre en place des balises.


FRANCE TV INFO 12/7/2013

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