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VIETNAM : Les forages intensifs contaminent à l'arsenic l'eau d'Hanoï

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Paris (AFP) - De l'arsenic infiltre la nappe phréatique qui fournit de l'eau potable à la population de Hanoï et ce phénomène, heureusement très lent, pourrait se produire dans d'autres aquifères dans le monde, selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature.

En Asie du sud, de nombreux bassins sont déjà contaminés "naturellement" par de l'arsenic provenant des sédiments du plateau himalayen, mais cette étude montre que l'activité humaine, liée au forage intensif, étend ce problème aux aquifères sains.


 "C'est la première fois que nous sommes capables de prouver qu'une nappe d'eau considérée comme saine a été contaminée", explique dans un communiqué le professeur de géochimie, Alexander van Geen de la Columbia University, co-auteur de la publication. (c) Afp



"C'est la première fois que nous sommes capables de prouver qu'une nappe d'eau considérée comme saine a été contaminée", explique dans un communiqué le professeur de géochimie, Alexander van Geen de la Columbia University, co-auteur de la publication.

Les tests ont été réalisés dans le village de Van Phuc, à 10 km d'Hanoï. Dans l'ouest, des chercheurs ont mesuré des concentrations d'arsenic de 10 à 50 fois supérieures à la valeur guide de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui est de 10 microgrammes par litre d'eau.

Entre 2000 et 2010, les prélèvements d'eau pour la municipalité d'Hanoï ont été multipliés par deux. L'eau potable provient essentiellement d'un aquifère, relativement sain, datant de l'ère du Pléistocène (12.000 ans) donc profond.

Or, dans les faubourgs de Hanoï, de nombreux villageois ont creusé eux-mêmes des puits dans un autre aquifère, datant de la période de l'Holocène (5000 ans), proche de la surface, et présentant naturellement de hauts niveaux d'arsenic.

Les forages ont changé "les conditions d'écoulement de l'eau" et entraîné "la contamination à l'arsenic sur plus de 120 mètres depuis l'aquifère de l'Holocène vers celui du Pléistocène, qui n'était pas contaminé", écrivent les chercheurs, qui mettent également en avant une réaction chimique des sédiments pour expliquer ce phénomène.

"Nous sommes en train de chambouler les systèmes naturels un peu partout dans le monde" explique Michael Berg de l'Institut fédéral suisse pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux, co-auteur de la publication.

Cette contamination ne pose pas de risque immédiat pour la population de Hanoï dont l'eau est filtrée par le réseau de distribution de l'agglomération, ce qui n'est pas le cas pour de nombreux villages alentours.

Selon certaines estimations, près de 100 millions de personnes, la plupart au Bangladesh, sont exposés régulièrement à des doses d'arsenic dans l'eau en mesure d'entraîner des maladies de peau, cardiaques, gynécologiques, ainsi que des cancers.

"Les résultats (obtenus à Van Phuc) peuvent être aussi pertinents au Bangladesh, en raison d'une configuration géologique et géochimique très similaire", a déclaré à l'AFP M. Van Geen.


SCIENCES ET AVENIR 11/9/2013

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