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Quand ils se détachent les icebergs émettent des sons spécifiques

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Quand des icebergs se détachent des glaciers ils émettent des sons spécifiques qui peuvent être captés par des micros sous-marins. Leur analyse fournit une nouvelle méthode pour apprécier la fonte des glaces.

Dans l'Antarctique, image d'illustration. ©️ Colin Monteath / Hedgehog House / Minden Pictures / Biosphoto

 Quand un glacier perd un morceau de glace sous forme d’iceberg, les scientifiques parlent de vêlage. Aujourd’hui la connaissance de la position de ces blocs de glace flottant n’a plus la même importance pour la circulation des navires, qui sont tous équipés de moyens de détection électroniques. La probabilité qu’un "nouveau Titanic" se produise est très faible. Cependant, connaître la quantité de glace et donc d’eau douce qui part ainsi chaque année à la dérive est d’une importance cruciale pour les glaciologues qui doivent évaluer l’impact du réchauffement climatique sur leurs objets d’études. Une équipe internationale de recherche a établi un lien entre les sons générés par les fissures sur la glace et les différents types de vêlage. Une opportunité pour étudier ces phénomènes qui sont d’ordinaire suivis par satellite. (Photo : Deux icebergs, dont l'un avec une arche.  Bogen NOAA / domaine public)

Pour enregistrer les mugissements des glaciers, les chercheurs ont utilisé des hydrophones accrochés à des bouées et disposés autour du glacier Hans, dans le Svalbard, un archipel norvégien situé à la limite de l’océan Arctique. Le monitoring sonore a duré trois jours, en août 2013, une période propice à la formation d’icebergs. Ces enregistrements ont été combinés avec des photographies en time lapse du glacier pendant la même période. Ils sont compilés dans la vidéo ci-dessous.

 American Geophysical Union (AGU) 26/1/2015


 En synchronisant les enregistrements sonores avec les photographies, les chercheurs ont découvert que les différents types de vêlage sont associés à des signatures sonores distinctes. Ils font état de leur découverte dans un article bientôt publié par les Geophysical Research Letters. (Photo : un iceberg tabulaire  Bogen NOAA / domaine public)

Les icebergs naissent selon trois processus principaux

- le vêlage sub-aérien typique, quand un bloc de glace se détache de la face avant du glacier et tombe dans l’eau, 

- le vêlage par coulissement quand un bloc se détache par glissement 

- ou le vêlage sous-marin. Dans ce cas, c’est un morceau de glace sous l’eau qui se désolidarise du glacier et remonte ensuite à la surface. 

 Ces trois processus génèrent des sons différents qui peuvent être enregistrés par des hydrophones. "Les glaciers nous parlent mais c’est un langage que nous ne comprenons pas encore tout à fait bien" explique Grant Deane, chercheur à la Scripps Institution of Oceanography. (Photo : un iceberg au large de Terre-Neuve NOAA / domaine public)


 Gros icebergs (jusqu'à 180 m de haut) dérivant vers la mer depuis Isfjord, baie de Disko, à l'ouest du Groenland. Michael Haferkamp CC BY-SA 3.0


Cette première étude pose les bases d’une nouvelle méthode de surveillance de la formation des icebergs. "Les sons se propagent très bien sous l’eau. Aussi bien que nous ne puissions pas voir l’événement de vêlage, nous pouvons l’entendre" ajoute le scientifique. Il estime qu’en enregistrant la majorité des glaciers, les chercheurs auront une idée précise de la quantité de glace rejetée chaque année dans la mer. Une donnée importante dans le cadre des études sur le réchauffement climatique et la montée du niveau des eaux

 Photo d'un Iceberg sur le Lac Argentino. Rémi Jouan CC BY-SA 3.0


Jusqu’à présent, les scientifiques s’appuient sur les données des satellites pour évaluer ce phénomène. Mais ces derniers ne décèlent que les évènements les plus importants et n’ont pas une sensibilité suffisante pour observer la formation des plus petits icebergs. Les hydrophones pallient ce déficit et complètent ainsi les données satellitaires.


Sciences et avenir 3/2/2015

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